Académie de Paris. Archives rectorales relatives à la guerre de 1939-1945

Identifier
AJ/16/7111-AJ/16/7155
Language of Description
French
Dates
1 Jan 1939 - 31 Dec 1945
Source
EHRI Partner

Scope and Content

Les archives inventoriées par le présent instrument de recherche sous le titre "Guerre de 1939-1945" ne comprennent pas la totalité des archives rectorales produites pendant la période considérée. De manière plus restrictive, ont été rassemblés en un fonds articulé à la fois thématiquement et chronologiquement les dossiers résultant de l'exercice par les instances rectorales d'attributions particulières, à raison de la spécificité de la période. Autrement dit, on trouvera ici répertoriées les archives relatives aux faits de guerre, à l'Occupation, à la Résistance et à la Libération, mais non pas celles ayant trait, par exemple, à l'organisation des enseignements ou à l'instruction des affaires de fraudes durant les examens. Bref, ont été exclus tous les dossiers entrant dans le cadre des fonctions dévolues "normalement" au recteur de l'académie de PARIS.

Les archives traitées proviennent essentiellement du recteur lui-même et de ses proches collaborateurs. Toutefois, il était pratiquement impossible de déterminer la cellule d'origine de tel ou tel dossier et de reconstituer l'activité des différents "bureaux" du Rectorat.

Cette difficulté n'est pas un inconvénient majeur. Jusqu'à la dernière guerre, les fonctions assumées par le Rectorat de PARIS n'étaient pas très amples. Il servait essentiellement de relais entre le ministère et les établissements de l'Académie de PARIS, répercutant les décisions et circulaires ministérielles, recevant, analysant et synthétisant les réponses. En raison de la grande diversité des affaires traitées, la spécialisation des bureaux devait être exceptionnelle. Il était donc logique d'opérer dans ce fonds un classement thématique, en considérant que le choix du service auquel était confiée une mission n'avait que peu d'importance.

Pendant la guerre de 1939-1945, le Rectorat de PARIS joua un rôle plus important qu'à l'ordinaire en raison du transfert à Vichy du siège de l'autorité de fait : le Recteur, en zone occupée, voyait ses fonctions accrues. Surtout, il fut chargé de l'ensemble de l'application des lois d'exception en ce qui concernait les personnels et étudiants de son ressort : révocation des fonctionnaires communistes, francs-maçons et israélites, recrutement pour le S.T.O., etc. De même, à la Libération, le Recteur fut chargé de diriger l'épuration administrative parmi le personnel sous ses ordres. Cependant, les attributions fondamentales du Recteur ne furent augmentées qu'en vue de l'exécution de ce dernier point. Pour le reste, il se contentait comme à l'ordinaire de demander aux établissements les renseignements nécessaires. Quant à la zone d'intervention du Recteur, elle resta inchangée : ses attributions ne varièrent pas et ses interlocuteurs restèrent les mêmes. Jamais il n'y eut officiellement de relations entre le Recteur et les autorités d'occupation, et le Recteur avait des difficultés pour arriver à rencontrer les autorités allemandes afin de régler tel ou tel problème.

Les activités des services durant la 2ème guerre mondiale ne furent donc en rien exceptionnelles : ils se contentèrent d'appliquer comme à l'ordinaire les circulaires ministérielles.

La première opération menée fut le recensement, dans les dépôts des archives du Rectorat, de l'ensemble des dossiers consacrés à cette période. L'absence de bordereau de versement dûment établi était compensé par l'existence de fiches de récolement qui permirent d'achever assez rapidement ce travail de regroupement. Il fut ensuite aisé de constater l'absence de chevauchements ou de lacunes à l'intérieur du fonds obtenu, ce qui permet de supposer qu'il s'agit bien là de la totalité de la production d'un unique service. Il convient cependant de préciser deux points : d'une part, à une époque indéterminée, furent versés dans ce fonds des dossiers en provenance des facultés de PARIS relatifs à l'application des lois d'exception. Comme il est possible que le fait remonte à la Libération et soit lié aux réintégrations des personnels révoqués on n'a pas jugé utile de réintégrer ces dossiers dans leurs fonds d'origine ; d'autre part, à une époque également inconnue, une partie de ce fonds a disparu : il a été retrouvé plusieurs dossiers vides intitulés "Autorités allemandes, démarches", intitulé dispensant de tout autre commentaire.

Le classement fut assez simple, car les dossiers étaient dans leur grande majorité déjà constitués de façon convenable. En raison de l'intérêt historique de la période, les éliminations n'ont porté que sur les doubles et les pièces d'accompagnement parfaitement neutres.

L'intérêt historique du fonds n'a guère besoin d'être souligné. D'une part, sa masse assez réduite le rend accessible dans sa totalité à un chercheur. Surtout, il est un reflet de l'ensemble de la vie des Français sous l'Occupation. Les universités représentent en effet une des catégories les plus touchées par la guerre, et surtout furent frappés par l'ensemble ou presque des mesures prises. Leur personnel était à la fois nombreux et d'origine sociale très diverse, depuis le professeur à la Sorbonne jusqu'au personnel d'entretien. L'application de toutes les lois d'exception fut opérée dans l'Académie : il suffit de connaître le nombre d'israélites et de francs-maçons dans l'enseignement supérieur, le nombre des étudiants susceptibles d'être requis au titre du S.T.O. pour réaliser l'intérêt de notre documentation. Mais elle ne concerne pas seulement les lois d'exception : elle touche aussi au ravitaillement, (les étudiants parisiens étant particulièrement démunis sur ce plan), à la propagande pétainiste, aux incidents "divers", et aux difficultés liées à la ligne de démarcation (organisation de convois pour les vacances). Les dossiers d'épuration permettraient de mener l'étude de la propagande pétainiste et des ses effets sur un corps assez homogène. Surtout, ce fonds, par sa continuité, permet de montrer le cheminement d'hommes qui tels Julliot de la Morandière ou Renouvin ne s'éloignèrent que peu à peu du régime de Vichy, avant de devenir ses adversaires : nous avons ici l'image non d'instants donnés, mais d'évolutions significatives, qui devrait permettre de formuler des jugements plus nuancés qu'à l'ordinaire.

Communication : en raison de la période considérée et du fait que rares sont les dossiers ne contenant pas de renseignements nominatifs, le délai de communication doit être porté à soixante ans pour l'ensemble du fonds, sauf en ce qui concerne les jugements d'épuration (100 ans).

Process Info

  • Par L. Morelle, M. Estienne E. Conter et B. Blukacz