Archives de Lazare Rachline

Identifier
72AJ/2925-72AJ/2929
Language of Description
French
Languages
  • French
  • German
  • English
  • Hebrew
Source
EHRI Partner

Extent and Medium

0,48 m.l.

Creator(s)

Biographical History

Lazare Rachline, né le 25 décembre 1905 en Russie et arrivé dès 1906 en France, où son père Zadoc a fondé un atelier de fabrication de lits et sommiers métalliques, fait ses études d'ingénieur au Conservatoire national des arts et métiers.

Dès 1927, il s’engage aux côtés de Bernard Lecache, fondateur en 1929 de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA) et, chargé de la propagande, s’occupe activement du journal .

Le 10 août 1931, avec son frère cadet Vilquin, Vila, il rachète à Zadoc Rachline son atelier basé à Saint-Denis, qui prend le nom d’« Usines métallurgiques de literie (UML) – Établissements L. et V. Rachline », et épouse Suzanne Abraham le 9 juin 1932. En février 1938, il obtient la nationalité française.

Bénéficiant en 1939 d’une affectation spéciale en raison de ses trois enfants en bas-âge, il choisit de partir au front et combat dans les Vosges au col du Bonhomme, à Fraize et à Corcieux, avant d’être fait prisonnier le 21 juin 1940 à Bruyères et envoyé en Allemagne. Durant sa captivité au Stalag IV B de Mühlberg, il est un des animateurs du théâtre des prisonniers, auteur et acteur de pièces satiriques jouées au camp, mais s’évade dès mars 1941 pour rejoindre sa famille en Corrèze et s’engager peu après dans la Résistance.

Après des contacts avec le mouvement Libération-Sud, Lazare Rachline devient en avril 1942 agent du (SOE), sous le pseudonyme de Lucien (Rachet). En juillet 1942, il organise l’évasion depuis la prison de Mauzac (Dordogne) de onze officiers anglais et français et devient le second du major Vic Gerson, avant de lui succéder à la tête du réseau Alexandre-Vic.

Condamné à mort par contumace par un tribunal allemand et recherché par la Gestapo, Lazare Rachline doit gagner l'Angleterre par l’Espagne à l’été 1943. Après un séjour à la prison de Figueras, il rejoint les services du général de Gaulle à Londres, en prenant la responsabilité de la section non militaire (N/M) du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA).

En février 1944, de Gaulle le reçoit à Alger et lui confie la mission Clé. Il quitte l’Angleterre en avril, avec pour tâche, sous le pseudonyme de Socrate, de restructurer la résistance intérieure et d’éviter tout soulèvement prématuré de la population.

De retour à Londres Gibraltar en juin 1944, il repart en France en août dans le cadre de la mission Urodonal et arrive à Paris le 25 août 1944 avec les fonctions de délégué du Gouvernement provisoire en zone Nord. Nommé commissaire de la République, il est ensuite en poste au ministère de l’Intérieur, mais, apprenant en novembre que son frère Vila a été exécuté par les Allemands en juin 1944, il démissionne et reprend la direction de son entreprise.

Il ne renonce pas pour autant à ses engagements : soutien du général de Gaulle au sein du Rassemblement du peuple français (RPF), il conserve ses attaches dans le monde de la presse, lançant avec Édouard Corniglion-Molinier et Marcel Bleustein-Blanchet le magazine , puis épaulant Jean-Jacques Servan-Schreiber aux grandes heures de . Toujours fidèle à la LICA, dont il est devenu l’un des vice-présidents, il reste jusqu’à son dernier souffle un défenseur résolu de l'État d’Israël.

Lazare Rachline est décédé le 25 janvier 1968.

Acquisition

Don de ses fils Daniel, Jean-Claude et François Rachline (février 2016).

Scope and Content

Lazare Rachline (1905-1968), cofondateur de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA), engagé volontaire en 1940, évadé du Stalag IV B et résistant de la première heure, joua un rôle déterminant dans les semaines qui précédèrent le débarquement allié et la libération de Paris.

Ses archives sont le reflet fidèle de cette vie riche en engagements. Les années de guerre et la Résistance y occupent une place centrale, mais, au-delà du parcours de Lazare Rachline, y transparaît l'histoire d'une famille juive marquée par l'Occupation et les lois de Vichy : de l'aryanisation des établissements Rachline (dont on peut suivre l'histoire des années trente à la fin des années cinquante) jusqu'à la déchéance de nationalité de Lazare en 1942, sans oublier le destin tragique de son frère Vila, assassiné par les nazis en 1944.

Le fonds fait également une part importante aux écrits de Lazare Rachline, à sa riche culture historique, philosophique et littéraire, mais aussi à son humour, au travers des pièces de théâtre qu'il composa au Stalag, éclairant en filigrane les attachements et les amitiés qui marquèrent sa vie.

Conditions Governing Access

Fonds librement communicable.

Conditions Governing Reproduction

Reproduction soumise à autorisation.

Publication Note

L.R. Les silences d’un résistant

François Rachline, , Paris, Albin Michel, 2015.

Voir aussi le site internet réalisé à l'occasion de la parution de cet ouvrage : http://lr-lelivre.com/

Process Info

  • Par Patricia Gillet, conservateur en chef du patrimoine