Enfants perdus, recueillis, recherchés, retrouvés entre 1940 et 1942

Identifier
20160291/1-20160291/16
Language of Description
French
Languages
  • French
  • German
Source
EHRI Partner

Extent and Medium

5 cartons (1,65 m.l.)

Creator(s)

Biographical History

cf. notice producteur

Archival History

Les documents présentés dans ce versement ont été retrouvés, en déshérence, dans un sac en toile de jute marqué de l'emblème nazi : un aigle tenant une couronne de chêne, avec au centre la croix gammée (voir article 14). Les dossiers ont alors été conditionnés dans 4 cartons par la Mission des archives. Le versement ainsi constitué a été coté DGAS/2002/014.

Acquisition

Versement

Scope and Content

Exode : livre du Pentateuque qui relate la sortie des Hébreux hors d’Égypte.

: fuite massive de populations belges, luxembourgeoises, hollandaises et françaises en et lorsque l'Allemagne envahit la , le Luxembourg, les et une partie du territoire .

« […] L'exode […] de mai à juin 1940 [apparaît comme un] épisode honteux de l'histoire de France, à peine avoué, relégué dans le prologue ténébreux de la guerre, sans aucun égard pour les douze millions de Belges, de Hollandais, de Français, civils ou militaires sans armes, qui en ont été les acteurs et les victimes Que n'étaient-ils restés chez eux ! Ils ne seraient pas morts sur ces routes qu'ils encombraient à l'envi, gênant les armées dans leur manœuvres » (, Pierre, : 10 mai-20 juin 1940, Plon, Paris, 2003, 449 p., avant-propos p. 9).

Après sept mois de « drôle de guerre », l'offensive allemande déclenchée le 10 mai 1940, en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas, provoque le départ précipité d'une population nombreuse, effrayée par l'avancée très rapide des troupes ennemies et l'effondrement des armées de ces pays. À ces familles (près de deux millions de personnes), s'ajouteront deux millions de Français, notamment du nord et de l'est, qui viennent grossir le flot, suite à la percée allemande de Sedan du 12 mai et la montée rapide vers la Manche, prenant au piège les civils comme les militaires à partir du 20.

La masse de ces populations, obéissant à des réflexes de peur (la férocité supposée des Allemands, le souvenir de la guerre de 1914-1918), livrée à elle-même, dépossédée de tout, dépendante des autres, souvent délaissée par les autorités qui elles-mêmes prennent le même chemin, soumise à des bombardements sur les routes, va grossir au fur et à mesure de l'annonce de mauvaises nouvelles du front, de la propagation de rumeurs, des ordres des préfets ou des maires, à tel point qu'elle va perturber la progression et le déploiement des troupes françaises et provoquer, par un effet boule de neige, un chaos total.

C'est donc un véritable exode (1) qui se déroule sur une partie du territoire, notamment à partir de la chute de Paris (14 juin 1940) qui entraîne l'ajout de deux millions de Parisiens qui vont fuir la capitale. « Les routes sont encombrées de familles errantes qui fuient au hasard et sans savoir où » (2).

On a estimé le nombre total de personnes concernées entre huit et dix millions, soit ¼ de la population française de l'époque, ce qui fait de cet épisode un des mouvements de masse les plus importants du XXe siècle en Europe.

Les enfants représentent entre un tiers et la moitié du total de la population déplacée. Pour ceux-ci, l'exode fut leur première expérience de la guerre et parfois même, leurs premiers souvenirs, précis, atroces, qu'ils garderaient à jamais. Avec leurs parents, parfois même leurs grands-parents, leurs frères ou sœurs, cousins, cousines du même âge, ils furent ballottés au milieu des adultes, voyageant en voiture, à bicyclette, en charrette, en landau et même à pied. « De longues colonnes de réfugiés affluent dans des attelages disparates et hétéroclites. Aux lourds chariots […] traînés par de gros chevaux roux aux longues crinières blondes, menés par des Belges et des gens du Nord, […] succèdent maintenant des convois de véhicules de toutes sortes : cela va des charrettes et des carrioles aux guimbardes asthmatiques, le tout accompagné de vélos, de landaus d'enfant, de voitures à bras, de brouettes, traînés, poussés, par des piétons éreintés, haletants, dépenaillés. Cette cohue bouillonne de cris, d'imprécations, d'insultes, de pleurs de gosses » (3)

Dans le naufrage de tout un pays, des familles se trouvent séparées, à la suite d'une bousculade, d'un mitraillage ou d'un bombardement, des parents sont contraints de confier leurs enfants, devenus des charges trop lourdes à assumer dans ces conditions, à des militaires de passage, des mairies, des hôpitaux, des organismes d'entraide, ou des inconnus. Certains enfants décédés sont enterrés « à la diable », sans même être identifiés.

La Croix rouge internationale a parlé de 90 000 « enfants perdus ».

Aux drames de la guerre, de l'effondrement physique et moral, s'ajoute l'angoisse d'avoir dû abandonner un enfant, dans les péripéties de l'exode, ou par volonté de le mettre à l'abri. La population rattrapée finalement par les Allemands, doit arrêter sa progression. Beaucoup voient d'un bon œil la signature, le 22 juin 1940 à Rethondes, de l'armistice entre la France et l'Allemagne qui signifie, au moins, l'arrêt des combats, des mitraillages, de la fuite en avant et, peut-être, la possibilité du retour. L'article 16 dudit armistice dispose que « Le Gouvernement français procédera au rapatriement de la population dans les territoires occupés, d'accord avec les services allemands compétents ».

Les événements politiques qui advinrent après la signature de l'armistice (22 juin-12 juillet 1940), bien connus (4) firent que c'est le régime de l'« état français », installé à Vichy, qui s'attela à la tâche de rapatrier tout ou partie des personnes « évacuées », que ces évacuations eussent été « organisées » (celles des populations d'Alsace-Moselle, par exemple, ou d'une partie du Nord, du Pas-de-Calais et des Alpes-Maritimes, évacuées en relatif bon ordre en 1939 et 1940) ou « improvisées » (celles, autrement plus tragiques, de l'exode). La volonté de reprise en main, sous le triptyque « Travail, Famille, Patrie », impose aux nouvelles autorités la réussite du rapatriement afin de remettre le pays en marche le plus rapidement possible.

Les retours s'étalent de mi-juillet à fin octobre 1940, en fonction de certaines priorités (professions indispensables au redémarrage) et du découpage du pays, prévu par l'armistice (zone libre/zone occupée, zones interdites). De nombreux réfugiés qui n'avaient pas pu retourner pas à leur domicile sont restés en zone libre.

La problématique des « enfants perdus », séparés de leurs familles, sans protection, est apparue dès juin 1940 quand les inspecteurs départementaux de l'assistance publique ont fait savoir que de nombreux enfants avaient été recueillis par leurs services, après avoir été trouvés dans les trains ou sur la voie publique, mais surtout qu'un certain nombre d'entre eux n'avait pas pu être rendus à leurs parents du fait que les renseignements n'étaient pas assez précis, tant sur eux-mêmes (origine, parcours) que sur leurs familles (adresse ancienne ou nouvelle).

Pour tenter d'organiser l'identification des enfants et leur retour dans le cocon familial, le secrétariat d'état à la Famille et à la Santé émet, le 2 septembre 1940, une première circulaire relative aux « enfants trouvés au cours des évacuations », demandant aux préfets d'adresser d'urgence une « fiche signalétique individuelle aussi complète que possible avec une photographie en double exemplaire », comportant notamment pour chaque enfant « l'endroit où il a été troué, à quelle date, dans quelles circonstances, son âge approximatif, la façon dont il était vêtu, l'institution ou les personnes qui l'ont recueilli » (5)

Devant l'ampleur de la tâche et sachant que les premières recherches n'avaient pas été faites avec assez de zèle et d'efficacité, le secrétariat d'état à la Famille et à la Santé émet, le 12 octobre 1940, une seconde circulaire relative au « regroupement des familles » et aux « enfants perdus ». Les deux premiers alinéas de cette circulaire résument bien le souci des autorités : « De nombreux enfants séparés de leur famille au cours des mois de mai et juin derniers n'ont pu être rendus à leurs parents ou à leurs tuteurs qui se trouvent encore sans nouvelles d'eux. Préoccupé de faciliter le regroupement éventuel des familles, je vous serais reconnaissant de prescrire les recherches nécessaires tant dans les établissements publics que dans les œuvres privées, et chez les particuliers ». Il s'agissait donc de « retrouver tous les mineurs […] qui ont été recueillis et dont l'adresse actuelle est encore inconnue de leur famille » et de « retrouver toutes les familles ayant perdu la trace d'un de ses enfants ». Le service établit donc deux fiches distinctes : une concernant les enfants recueillis et l'autre concernant les enfants perdus. (6)

Afin d'informer le plus grand nombre des opérations de recherche d'enfants et de susciter les restitutions et les témoignages, un communiqué fut diffusé par voie de presse et à la radio : « Lors de l'exode de juin dernier, un grand nombre d'enfants errant sur les routes ont été recueillis, soit par des institutions charitables, publiques ou privées, soir par des particuliers. Beaucoup de ces enfants n'ont pas encore, à l'heure actuelle, regagné leurs familles, qui résident pour la plupart en zone occupée. Nul ne peut ignorer de l'intérêt à ce que ces enfants fussent rendus à leurs parents le plus tôt possible. […] En conséquence, toute œuvre ou tout particulier hébergeant un ou plusieurs enfants recueillis lors de l'exode, est tenu d'en faire la déclaration à la mairie de son domicile ».

Les archives du Commissariat général à la famille soulignent, outre les difficultés administratives dues à l'éloignement des services (et parfois à une certaine mésentente voire rivalité entre Paris et Vichy) (7) et à la nouvelle configuration de la France (zone occupée/zone libre), la complexité à identifier, retrouver et, le cas échéant, rapatrier les enfants. Plusieurs canaux sont ainsi activés (hôpitaux, Croix Rouge, œuvres d'entraide, amicales de prisonniers de guerre, police, services municipaux, cimetières…). La tâche était immense et nécessitait un travail de longue haleine. A tel point que le directeur de la famille insistait, dans une circulaire adressée aux préfets le 5 mars 1941 (8), pour que ceux-ci donnassent suite à la circulaire du 16 octobre 1940, « avec une énergie accrue », en déplorant que l'« insuffisance des résultats » vînt, d'une part, de l'« ignorance dans laquelle les familles d'accueil ont été tenues relativement aux recherches entreprises » et que, d'autre part, « beaucoup de personnes qui ont recueilli des enfants errants, dans un sentiment de charité, se sont attachées à leurs jeunes hôtes et ne sont pas disposées à les déclarer », mais en demandant expressément de leur faire comprendre que leur devoir était de « restituer les enfants à leurs familles ». Ainsi, les particuliers et les œuvres charitables qui « hébergent un ou plusieurs enfants recueillis lors de l'exode de juin dernier » sont priés « d'en faire la déclaration à la mairie de leur domicile.[…] ». Cette même circulaire aux préfets leur demandait également de faire connaître aux intéressés que « le fait de ne pas déclarer un enfant recueilli [pouvait] les exposer à des poursuites judiciaires ». Afin d'intensifier les recherches, le secrétariat d'État à la Famille et à la Santé proposait également de « donner à ces recherches toute la publicité nécessaire, par la voie de communiqué de presse locale et de tout autre moyen d'information » (9) et, notamment, de « procéder à la publication de ces dispositions par la voie de communiqués radiodiffusés ». De son côté, le chef des services de l'assistance, indiquait dans une note du 28 novembre 1941, qu'« aucune coordination n'a été opérée entre les différents organismes s'occupant des recherches d'enfants », précisant qu'il arrivait encore très fréquemment des « demandes de recherches, émanant des divers services sociaux et concernant des enfants ne figurant pas dans nos dossiers » et que son service apprenait « qu'un certain nombre d'enfants pour lesquels [il enquêtait] avait rejoint leur famille depuis longtemps sans qu'il en ait été averti ».

Il est également montré que la population civile s'est fortement impliquée dans la recherche de ces enfants et manifestée par des signalements d'enfants perdus, la délivrance d'informations ou des témoignages sur les circonstances de leur disparition. À ce sujet, on trouvera de la correspondance envoyée à certains médias qui avaient lancé des appels (magasine « Pour Elle », société radiophonique « Radio Actualités », émission « ou sont-ils ? ») et à certains organismes (Croix-Rouge belge, délégation régionale à la famille pour la Seine-et-Oise).

Dans les réponses des préfectures, de la préfecture de police de Paris et de l'Assistance publique de Paris, suite aux premières circulaires de 1940, ainsi que dans les fiches individuelles, brutes ou accompagnées de correspondance, les itinéraires des enfants pourront être étudiés. On découvre que le patient travail d'identification, tant des enfants eux-mêmes que des familles, a pu connaître des dénouements heureux dans de nombreux cas. Mais on s'aperçoit aussi que, parfois, les recherches sont vaines ou bien débouchent sur des drames (enfant dont le décès a été constaté formellement ou enfant devenu orphelin suite à la mort de ses parents sur les routes de l'été 1940).(10)

Parmi les dossiers nominatifs, on pourra étudier également des cas d'enfants perdus inconnus ou bien d'enfants perdus et recueillis par les services d'assistance publique. Ces dossiers contiennent de la correspondance officielle ou bien de particuliers. On peut trouver aussi des lettres anonymes, des fiches descriptives et éventuellement des photos. Dans certains de ces dossiers, on peut lire, « né(e) de parents israélites » (11)

L'exode de 1940, par son caractère tragique pour les populations concernées, par son ampleur et son inexorabilité (12) fut une des causes immédiates de l'avènement de l'« état français » le 10 juillet 1940 mais, pour les enfants, il a constitué un sentiment ou une perception de déracinement, d'abandon, aux conséquences souvent désastreuses sur leur psychisme (13)

Les années de guerre qui ont suivi vont modifier la façon dont la société française perçoit et traite cette « enfance en danger » (14) Délaissée, sans repère, peut-être délinquante ou en passe de l'être, elle est au cœur des préoccupations de l'état français dont la loi du 27 juillet 1942 (15) peut être considérée comme les prémices de l'ordonnance du 2 février 1945 instaurant la primauté de l'éducatif sur le répressif

La première partie (articles 1 à 7) est relative à la correspondance du secrétariat d'État à la Famille et à la Santé. On y trouvera, d'une part, les réponses des autorités (les préfectures et, pour Paris, la Préfecture de police et l'Assistance publique) aux circulaires des 2 septembre 1940, relative aux enfants trouvés au cours des évacuations et 12 octobre 1940 relative au regroupement des familles, enfants perdus. Ces réponses sont indissociables des autres articles de ce versement car elles sont le reflet général, sous formes de listes, des dossiers individuels. Les réponses sont soit négatives (si aucun enfant n'a été trouvé dans le département) soit positives. D'autre part, on y trouvera également la correspondance échangée entre les différents services installés à Paris et à Vichy. Enfin, on y trouvera la correspondance envoyée à certains médias qui avaient lancé des appels.

La deuxième partie (articles 8 à 9) est relative à des « lots » de fiches nominatives d'enfants disparus, recherchés et retrouvés. On y trouvera ainsi les nom et prénom, adresse des parents, description des enfants et circonstances dans lesquelles ils ont été retrouvés.

La troisième partie (articles 10 à 11) est relative à des dossiers individuels d'enfants recherchés ou retrouvés. Ces dossiers peuvent contenir des correspondances entre les départements et le secrétariat d'État à la Famille et à la Santé, des photos, des fiches descriptives de la Croix rouge français. Les dossiers des enfants retrouvés par leurs familles ou bien décédés sont rayés avec la mention appropriée.

La quatrième partie (articles 12 à 14) est relative à des dossiers individuels d'enfants perdus inconnus ou bien d'enfants perdus et recueillis par les services d'assistance publique. Les dossiers des enfants retrouvés par leurs familles sont rayés avec la mention appropriée.

En marge de ces dossiers, la cinquième et dernière partie (articles 15 à 16) est composée de deux sacs en toile de jute, l'un, marqué de l'emblème nazi, sac ayant contenu les dossiers de ce versement ; l'autre est un sac, provenant d'Algérie avec l'emblème des usines Saint-Frères.

(1) Question de vocabulaire : comment nommer les événements de mai-juin 1940 ? Le terme « exode », en référence à la sortie des Hébreux d'Égypte de la bible (« la peur, l'errance et la précarité ») a été adopté sur le moment. L'administration a employé le terme « évacuation » qui faisait référence aux évacuations prévues en cas de guerre et réalisées en grande partie dès 1939 mais qui incluait de fait l'exode ou le terme « réfugié », pour les populations durablement éloignées de leur lieu de résidence initial. Le maréchal Pétain dans un discours a qualifié ceux qui avaient encombré les routes de « fuyards » leur imputant indirectement la défaite et justifiant la reprise en main du pays (« […] .», discours du 17 juin 1941 en référence au discours de 17 juin 1940 demandant l'arrêt des combats). Pourtant, la circulaire du secrétariat d'État à la Famille et à la Santé du 5 mars 1941 indique bien « le sort des enfants qui, lors de l' de juin dernier, ont été recueillis… », celle du ministère de l'Intérieur du 16 avril 1941 mentionne le terme dans son objet « Recherches en vue de découvrir les enfants perdus lors de l' de juin 1940 ». Le terme « débâcle » est plutôt réservé aux opérations militaires. L'historien Jean-Pierre Azéma, dans son ouvrage , paru en 2010, a employé le terme « exodien » pour désigner ces populations.

(2) In André Gide, Journal, 8 juin 1940.

(3) Raymond Ruffin, , Paris, Presses de la Cité, 1979, p. 28). L'auteur avait onze ans en 1940.

(4) 22 juin : Pierre Laval entre au gouvernement comme ministre d'État, signature de la convention d'armistice.

23 juin Adolf Hitler visite Paris.

24 juin : rattachement de la Moselle au de Sarre-Palatinat et de l'Alsace au de Bade, signature de l'armistice franco-italien, création d'une zone d'occupation italienne en France.

28 juin : le gouvernement britannique reconnaît le général de Gaulle comme chef des Français libres.

1e juillet : le gouvernement s'installe à Vichy et convoque le Parlement le 2 juillet.

3 juillet : bombardement par les Britanniques de la flotte française basée à Mers-el-Kébir, en Algérie.

4 juillet : rupture des relations diplomatiques entre le gouvernement de Vichy et le gouvernement britannique.

10 juillet : Vote par l'Assemblée nationale des pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, fin de la Troisième République.

11 juillet : Philippe Pétain se proclame chef de l'« État français », promulgation des Actes constitutionnels, les chambres sont ajournées .

12 juillet : Pierre Laval est nommé vice-président du Conseil et forme le gouvernement.

(5) Secrétariat d'état à la Famille et à la Santé, direction de la famille, circulaire du 2 septembre 1940, enfants trouvés au cours des évacuations, bulletin officiel du secrétariat d'état de (à) la Famille de (à) la Santé, pp. 101-102.

(6) Secrétariat d'État à la Famille et à la Santé, direction de la famille, circulaire du 12 octobre 1940, regroupement des familles - enfants perdus, bulletin officiel du secrétariat d'État de (à) la Famille de (à) la Santé, pp. 102-104.

(7) Une note envoyée de Paris, non datée mais supposée être de fin 1940-début 1941, reprochait aux services de l'enfance de Vichy de n'avoir pas répondu aux circulaires des 2 septembre et 12 octobre 1940 alors que « tous les départements de la zone occupée » l'avaient fait. Une autre, de mars 1941, envoyée cette fois-ci de Vichy vers Paris, indiquait que le problème venait principalement du fait que « les parents (perdus) et leurs parents (qui les recherchent) ne se trouvent pas dans la même zone ». Cette même note proposait que les émissions de radio fussent transmises dans les deux zones et concluait qu'il fallait « repartir sur des bases solides » pour obtenir enfin des résultats tangibles.

(8) Une circulaire, en termes identiques, a été également envoyée le 16 avril 1941 par le secrétaire général pour la police qui dépendait du ministère de l'Intérieur, dirigé à l'époque par l'amiral François Darlan, vice-président du Conseil et également ministre secrétaire d'État aux Affaires étrangères et à la Marine.

(9) Dès juillet 1940, certains journaux avaient déjà relayé, par voie de petites annonces, les premières recherches

(10) Des adoptions ou des reconnaissances comme pupille de la nation ont ainsi pu être possibles grâce aux recherches effectuées dans ce cadre.

(11) L'ordonnance allemande du 27 septembre 1940 dispose qu'« il est interdit aux Juifs qui ont fui la zone occupée d'y retourner ». Les parents d'enfants restés en zone occupée ne peuvent donc les rejoindre (Ordonnance relative aux mesures contre les Juifs du 27 septembre 1940, § 2, 26 janvier 1941).

(13) Orphelins placés ou adoptés, enfants séparés durablement de leurs parents, absence des pères, dont bon nombre étaient prisonniers, apparition d'une délinquance juvénile, etc.

(14) « [de Vichy, héritière de débats républicains sur la nécessaire refonte de la législation de la justice des mineurs] » Niget, David, , Droit et société 3/2011 (n° 79), p. 573-590.

(15) Loi n° 683 du 27 juillet 1942 relative à l'enfance délinquante, dont le préambule, à l'adresse du maréchal Pétain, proclame : « » ( , 13 août 1943, p. 2778).

(16) Ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante, ( , 4 février 1945, p. 530).

Appraisal

Aucune élimination n'a été faite

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